Présentation

L’Unité Mixte de Recherche « Savoirs, Environnement, Sociétés » – l’UMR SENS – a vu le jour en janvier 2021. Elle est le résultat de la rencontre de trois collectifs : les chercheurs du CIRAD de l’UPR GREEN (Gestion des ressources renouvelables et environnement), les chercheurs de l’IRD et des enseignants-chercheurs d’AgroParisTech, Montpellier Sup Agro et IIAM issus de l’UMR GRED (Gouvernance, Risque, Environnement, Gouvernance), et les enseignants-chercheurs du Département d'Ethnologie (équipe pédagogique) de l’UPVM anciennement au sein de l’équipe CERCE (Centre d’Études et de Recherches Comparatives en Ethnologie) du LERSEM (Laboratoire d’Études et de Recherches en Sociologie et en Ethnologie de Montpellier).

Dès fin 2018, sur la base de collaborations anciennes, ces collectifs ont défini ensemble le projet scientifique de cette nouvelle UMR. Celle-ci rassemble plus de cinquante membres permanents – chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA – et environ quarante doctorants. La particularité de cette équipe est sa pluridisciplinarité, à la fois à l’intérieur des sciences sociales (anthropologie, économie, géographie, sociologie, droit, science politique) et entre les sciences sociales, les sciences de la vie et de l’environnement (agronomie et écologie) et les sciences et technologies (modélisation et informatique).


Objectifs généraux

L’évolution des attentes des sociétés et des aspirations du monde de la recherche nous conduit à structurer l’UMR autour des objectifs généraux suivants, en donnant la priorité aux sociétés rurales des Suds :

  1. Produire des connaissances sur les mécanismes qui sous-tendent les relations et tensions constitutives du nexus société-environnement ;

  2. Accompagner les initiatives et les innovations sociales et institutionnelles visant à influencer durablement, à différentes échelles, les trajectoires des systèmes écologiques et sociaux ;

  3. Consolider les approches réflexives sur notre rôle en tant que scientifiques au regard de la complexité des phénomènes étudiés, de leurs dimensions éthiques et politiques, et de la nécessaire co-construction des savoirs et des pratiques tournés vers la durabilité.

Nous déclinons ces objectifs sur 4 thèmes.

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Thème 1 : Dynamiques des pratiques, des appartenances et des paysages

L’ambition de ce thème est de combiner l’analyse des systèmes écologiques (notamment des dynamiques forestières et agricoles) avec celle relative aux évolutions des sociétés contemporaines (par exemple revendications patrimoniales, affirmations identitaires), dans des espaces (principalement) ruraux donnés. Une des hypothèses est de considérer que la capacité de résilience de ces systèmes écologiques et sociaux dépend en grande partie de la manière dont se construisent et évoluent les modes d’usage des ressources, les formes d’attachement aux lieux ou les représentations de la nature et des interdépendances entre acteurs et entre société et environnement. Il s’agira de produire des connaissances sur des sujets tels que les pratiques agro-écologiques (mobilisation des savoir-faire agricoles pour l’amélioration de la qualité écologique des paysages) ou les nouvelles formes de territorialisation (patrimonialisation naturelle et culturelle, émergence de nouveaux communs). Ce thème représente un potentiel d’interdisciplinarité très important en mettant en interactions sociologues, ethnologues, géographes, ethnobotanistes, écologues, agronomes des pratiques et modélisateurs essentiellement.

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Thème 2 : Éthique et justice environnementales : enjeux et pratiques

Ce thème s’intéresse aux inégalités environnementales (du point de vue de l’accès aux ressources, du pouvoir sur les processus de décision ou de répartition, des impacts socialement inégaux des dégradations et de crises environnementales) qui s’accroissent en raison des tensions société-environnement évoquées ci-dessus. Il s’agit d’étudier les mouvements de lutte contre les inégalités et injustices liées à différentes formes d’accaparement et de spoliation des ressources, de pollutions et de dégradation de l’environnement. Le caractère innovant de ce thème réside dans l’objectif de combiner l’analyse des inégalités environnementales et des registres de justification (moraux, éthiques, mémoriels, normatifs, cognitifs) produits et mobilisés par les acteurs avec un travail réflexif et éthique visant à expliciter la dimension normative des objets et des concepts étudiés.

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Thème 3 : Gouverner la nature et les ressources

Il s’agit de questionner et d’éclairer les décisions politiques (publiques et privées, nationales et internationales) et les instruments (économiques, juridiques, de gestion) y afférents. Un constat majeur des tendances récentes est que l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques qui affectent les tensions sociétés-environnements dépendent des rapports entre différents acteurs publics, privés et de la société civile, à différents niveaux, qui interagissent et se saisissent de manière simplifiée de certaines problématiques. L’UMR permet de regrouper des compétences géographiques (Afrique, Asie du Sud-Est, Amérique Latine, Pacifique), disciplinaires (anthropologie, droit, écologie, économie, géographie, sociologie) et thématiques (foncier, forêts, littoral, etc.) pour mener des approches comparatives et historiques. Celles-ci visent à appréhender les politiques de l’environnement et la gouvernance des ressources à la fois comme des leviers pour modifier la réalité et comme des champs sociaux où se nouent des rapports entre acteurs pour le contrôle et la mise en oeuvre de ces politiques et formes de gouvernance.

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Thème 4 : Construction et usages des savoirs sur l’environnement

Le caractère controversé des problématiques environnementales offre un cadre particulièrement adapté à l’analyse de la confrontation et de la circulation des savoirs qui sous-tendent les perceptions et les pratiques locales, ainsi que l’action publique et la recherche. Symétriquement, les questions environnementales ont suscité de multiples démarches et méthodes visant à co-construire des savoirs dans des démarches collectives. Ce thème rassemble des compétences variées sur ce sujet, allant de la modélisation participative aux ethnosciences en passant notamment par l’anthropologie et le droit. Son caractère novateur tient à son objectif d’articuler une meilleure connaissance de la manière dont se construisent, se diffusent les différents types de savoirs autour d’un objet déterminé avec un travail tant méthodologique qu’épistémologique sur les outils permettant un meilleur partage de ces points de vue. De fait, la dimension réflexive est également omniprésente puisqu’elle implique une certaine distanciation vis-à-vis du savoir scientifique (la manière dont il se construit, se diffuse et est utilisé) et des méthodes de production ou de co-construction des savoirs.

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